Surveillance moderne, mesures passéistes

13 février 2009 - Laissez un Message

ecoute-electronique1Le 19 novembre 2001, les libéraux de Jean Chrétien mettaient de l’avant le projet de loi C-36 qui, dans sa foulée, exigeait la révision de 22 lois existantes. Ces lois modifiées touchaient notamment les libertés individuelles (Code criminel, loi sur le service correctionnel), la protection de la vie privée (loi sur l’accès à l’information, loi canadienne des droits de la personne), tout en modifiant substantiellement la nature des pouvoirs de l’exécutif et des services secrets (loi sur les services canadiens de renseignement de sécurité, loi sur la défense nationale). Le climat d’hystérie de l’époque, entretenu par la diffusion en boucle des images du World Trade Center s’écroulant et des “mercenaires” enchaînés à Ganatanamo, n’avait alors pas empêché le Barreau du Québec de souligner les violations que certaines des dispositions de C-36 pouvaient occasionner en matière de droits reconnus par la Charte, n’en déplaise à l’opinion publique que l’obsession sécuritaire avait convaincus.

Dès son préambule, cette loi annonçait en fait la volonté d’accroître les pouvoirs du Centre de sécurité des Télécommunications. Elle procurait cyniquement par le fait même au ministre de la Défense nationale de l’époque, Art Eggleton, le rôle de protecteur de la vie privée. Seul ce dernier pouvait effectivement fournir son autorisation pour que le CST puisse intercepter des communications privées. C’est sous cet angle que C-36 créait un dangereux précédent en matière de cybersurveillance.

Mercredi dernier, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Peter Van Loan est revenu sur la question en annonçant l’intention du gouvernement fédéral de légiférer afin de contraindre les fournisseurs de services Internet à fournir aux autorités les accès permettant d’épier les échanges électroniques. En prétextant que les lois de surveillance et d’écoute électronique étaient mal adaptées aux communications électroniques de masse, le gouvernement conservateur préfère une fois de plus la répression à la compréhension des enjeux réels du web.

Survenant près de 9 ans jour pour jour après que le tribunal correctionnel de Paris eusse estimé qu’un courrier électronique était couvert par la loi sur le secret des correspondances et que toute violation devait être condamnée par la loi, nous aurions tort de n’y voir que la modernisation de méthodes que le courriel auraient rendu caduques. Ces mesures et pouvoirs accrus ressemblent en tous points à ceux prônés par l’Office of Signals Intelligence Operations et par l’Office of Research and Engineering de la NSA, dévoilés aux Canadiens par le Globe and Mail en…1986!

http://www.ledevoir.com/2009/02/13/233439.html

http://strategique.free.fr/archives/textes/ech/archives_ech_17.htm

http://fiweb.9online.fr/chronicnet17.htm

http://inspiration.ifrance.com/loi.canada.htm


La démocratie participative version Obamanomics

29 janvier 2009 - Laissez un Message

obama1201801546

On a raison de se réjouir de l’entrée en fonction du Président Obama. On a également raison de féliciter les dispositifs participatifs qu’il entend mettre en place afin d’améliorer la communication entre élus et citoyens. L’enthousiasme doit être circonscrit : on ne réinvente pas la roue mais…

La volonté de changement s’exprime notamment en sollicitant les suggestions des citoyen. Inside the transition nous invite-t-on sur Change.gov, site mis en ligne par l’équipe présidentielle chargée de la Technologie, de l’Innovation et de la réforme gouvernementale (TIGR). Cette transition entend redorer la légitimité perdue de l’institution présidentielle américaine. Retrouver la porter symbolique de l’action publique en se rapprochant,du moins en apparence, de ce qui fait sens pour les électeurs.

Les critiques ont souligné à grands traits, durant des années Bush2, l’effritement de la légitimité du président sortant. Cette perte de confiance et d’autorité résulte notamment de deux crises (Lenoble et Berten 1992 :84). Celle de l’État-providence, paraissant bien incapable de réguler l’économie (non sans avoir allouées des sommes considérables) ou la société. Celle du politique, plus subtile, perceptible à la perte progressive de pouvoir symbolique, forme d’autorité qui en vient à se réfugier dans des sous-systèmes autonomes (Luhmann, 1990).

Il est donc sage de reconnaître aux citoyens, en apparence ou bien réellement, une légitimité aux idées qu’ils expriment. Ce vœu paraît d’autant plus recevable étant donnée la portée référentielle (en termes de lois, codes, mesures, valeurs, préférences, etc.) du plan global de relance qu’entend mettre en branle l’administration d’Obama.

Citoyen2.0?

C’est dans les médias sociaux que fermentent des réseaux sociaux, réseaux qu’a observé Jalali Hartman sur 37 mois lors de la course présidentielle de 2008. Le site Change.gov s’inscrit en droite ligne des Obamanomics et illustre à quel point le recours à la communication politique peut rapprocher, à tout le moins en esprit, deux champs s’étant différenciés : l’État et la société civile (Touraine, 1989 :46).

Mais il ne faut négliger ni la forme, ni l’instigateur de cette consultation du citoyen. Encore moins son poids réel dans la prise de décision. Avec le nouveau site de la Maison-Blanche, qui souligne que le Président Obama s’engage à créer l’administration la plus ouverte et accessible de l’histoire américaine et Change.gov, les stratégies déployées par le TIGR demeurent des prises en compte institutionnelles des demandes des mouvements sociaux (Gret et Sintomer, 2005 :100).

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Le citoyen médiatisé

6 décembre 2008 - Une réponse

jazz-nightNombreux sont les commentateurs du côté des médias sociaux à avoir décrié le caractère purement accessoire de la dernière campagne électorale provinciale par manque de débats de fond. Et sans doute fort peu nombreux seront les électeurs à se rendre aux urnes le 8 décembre prochain. Il faut s’attendre à de vives réactions, condamnant le cynisme ambiant ou la faillite des représentants politiques à soulever de réels enjeux[i].

La politique semble vouloir se restreindre à ses stricts aspects procéduraux, contraignant et prescrivant une citoyenneté désincarnée dont ne veulent plus les citoyens. Loin d’en être exténués et surtout assoiffés de participation, de consultation et de contribution, ces derniers sont toutefois de plus en plus nombreux à se rabattre sur la délibération, la contestation et le militantisme dans l’espace public virtuel. Qu’y trouvent-ils de plus?

Cette multiplication des sources d’information est un phénomène depuis longtemps documenté. L’espace public étant pluriel nous devons parler davantage d’un droit à la communication que d’un rigide droit à l’information. Et ce que recèle ce processus dialogique est riche en référents citoyens.

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Continuum hyperactivité / médiateur

15 novembre 2008 - Laissez un Message

stage-diving-copyPartout, les structures informationnelles s’aplanissent, laissant un goût amer aux acteurs qui croyaient y trôner. Dépouillés, ils cherchent à conserver certains acquis, mais surtout à cacher leur impuissance dans de vaines mesquineries. Les assises sont, postmodernité oblige, des plus fragiles. Le sol devient argileux et friable alors que tous ont voix au chapitre, que tous (non…) sont à un clic de l’information.

Qu’il s’agisse de la communication dans l’entreprise, de la bulle médiatique ou encore du champ politique, il semble que le médiateur soit de toutes parts mis à rude épreuve. Le débat ne date pas d’hier en ce qui concerne la définition de ce qu’est un journaliste. Il semble également d’usage de reconnaître la piètre qualité de plusieurs des quelques 400 candidats à l’élection à venir dans les diverses équipes ou l’hyper-hiérarchisation de certains monolithes industriels.

Mais cette remise en question de la hiérarchie dans les communications de l’entreprise, de la culture du secret, de la discrétion et du mystère qui plane, amène un vent frais de créativité sur la planète transparence, partage, création et  efficience. L’entreprise peut chercher à respecter les flux sociaux de communication parmi ses groupes de travail et certains logiciels sociaux l’y aide (SocialText).  Elle peut autrement en faire d’hyperactifs médiateurs dans les entreprises médiatiques, avec ce que ça entraîne pour difficultés.

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Bourdieu et les médias alternatifs

12 novembre 2008 - Une réponse

bourdieu

Le traitement d’un concept aussi polysémique que celui de média alternatif [1] peut s’effectuer suivant de multiples perspectives, privilégiant parfois des critères susceptibles d’en infléchir le sens à un point tel que les caractéristiques et usages paraissent dénaturés [2].

Nous les définirions brièvement par l’absence de hiérarchie organisationnelle [3] (perceptible dans leur engagement envers une décentralisation, le partage des ressources [4], etc.), par une prise de décision et un contrôle de type communautaire (Downing, 2003), par le caractère bénévole de ces principaux acteurs [5] (Atton, 2002), par le but ouvertement non-lucratif de ses activités (Lewis, 1993), par un contenu faisant la promotion du changement social et de la responsabilisation sociale (Royal Commission on the Press, 1977) de même que, pour plusieurs d’entre-eux, par un système de publication ouverte [6] (open-publishing system; Uzelman, 2002), ce dernier contribuant à accroître le potentiel de participation du citoyen aux médias alternatifs sur Internet [7].

Mais, cherchant à comprendre ce que les médias alternatifs introduisent de particulier dans l’espace médiatique, il importe d’aller au-delà de ces caractéristiques communes.

We need to consider not only form and content, but the processes and relations that inform them and are in turn informed by them. The study of alternative media needs to interrogate identites and practices that are negociated accross the terrain of a third space that hybridizes practices between hegemonized and marginalized cultures (Atton, 2002 : 152).

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De la radio avec des images?

3 novembre 2008 - Laissez un Message

L’utilisation d’Internet lors des campagnes électorales américaines est peut-être plus imposante que de ce vieille-radio12065276322côté-ci de la frontière, mais elle ne procure pas un éclairage si distinct quant aux différents candidats. Les deux dernières publicités diffusées via le web par le camp Obama ont suscité l’engouement des internautes (respectivement 11 millions et trois millions de clics). Il est tout aussi probable qu’elles soient parvenues à convaincre l’abstentionniste moyen.  On se méprend tout autant, si l’on s’en tient aux stratégies de marketing électoral déployées,  sur les causes de l’abstentionnisme en tant que comportement électoral complexe.

Or, comme beaucoup de phénomènes sociaux, celui-ci est généralement observé comme un tout, une généralité (sens et lieu communs), alors qu’il est très exactement constitué d’une pluralité de déclinaisons, d’une multitudes de nuances.  Lisez la suite de cette entrée »

Copyright/Copyleft, ainsi va le web…

30 octobre 2008 - Laissez un Message

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Le Sénat français pourrait changer les sanctions contre le téléchargement, annonce Le Devoir ce matin [1]. On passerait d’une approche qui se voulait “pédagogique” à la sempiternelle approche punitive. Tandis que le Sénat prétend sévir afin de protéger le droit de propriété intellectuelle, on peut se demander: à qui la propriété violée lorsqu’il est question de téléchargement? Lisez la suite de cette entrée »

L’Expo du musée des horreurs (hommage à Rosa-Lalan7)

29 octobre 2008 - Laissez un Message

micareme902Dernièrement, une  amie disait se méfier de voir les conservateurs l’emporter lors des dernières élections fédérales. Non pas qu’elle craignait l’inéluctable, mais elle espérait que cette victoire n’alimente pas ensuite une vague de triomphalisme sans précédent de la part du fort peu consensuel et démocratique parti de Stephen…

L’Expo du musée des horreurs appellerions-nous ce phénomène si peu sociologique.

Comment accuser un réélu conserve-asteur d’avoir prétendu ou réellement cru détenir la Vérité Vraie? Surtout si, pour légitimer notre accusation, nous ne prétendrions rien de moins que de détenir nous aussi une vérité tout aussi…vraie? Plutôt voter pour le transfuge-libéral-devenu-leader-adjoint-alias-premier-député-vert (et finalement défait NDLR) que pour un tel élan de véritable rationalité véridique? Allez savoir!

Peut-on réellement blâmer les politiciens? Tout comme les principaux commentateurs aux lendemains de l’élection  ont su blâmer les abstentionnistes de ne pas avoir su percevoir les enjeux, les distinctions entre les plateformes électorales et l’importance d’exercer LEUR (seul?) devoir de citoyens? Peut-on assimiler ces mêmes politiciens à autre chose qu’une spectaculaire bibitte sans laquelle nous pourrions nous ennuyer, perdant la source de notre réconfort en marge de l’appareil partisan?

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conviction d’incertitude et de mouvement

29 octobre 2008 - Laissez un Message

je me moi pas trop FORT.

demi-dieu à temps partiel, je me régale de l’impact des technologies sur nos rapports, sociaux, politiques, professionnels, nos rapprochements et notre citoyenneté.

le reste du temps, je délire et savoure le temps réel.

deux certitudes: incertitude et mouvement…le reste en résulte.

Marrant toutefois de voir les autorités d’hier s’accrocher, le 15 minutes bien écoulé, question de substance