Bourdieu et les médias alternatifs

bourdieu

Le traitement d’un concept aussi polysémique que celui de média alternatif [1] peut s’effectuer suivant de multiples perspectives, privilégiant parfois des critères susceptibles d’en infléchir le sens à un point tel que les caractéristiques et usages paraissent dénaturés [2].

Nous les définirions brièvement par l’absence de hiérarchie organisationnelle [3] (perceptible dans leur engagement envers une décentralisation, le partage des ressources [4], etc.), par une prise de décision et un contrôle de type communautaire (Downing, 2003), par le caractère bénévole de ces principaux acteurs [5] (Atton, 2002), par le but ouvertement non-lucratif de ses activités (Lewis, 1993), par un contenu faisant la promotion du changement social et de la responsabilisation sociale (Royal Commission on the Press, 1977) de même que, pour plusieurs d’entre-eux, par un système de publication ouverte [6] (open-publishing system; Uzelman, 2002), ce dernier contribuant à accroître le potentiel de participation du citoyen aux médias alternatifs sur Internet [7].

Mais, cherchant à comprendre ce que les médias alternatifs introduisent de particulier dans l’espace médiatique, il importe d’aller au-delà de ces caractéristiques communes.

We need to consider not only form and content, but the processes and relations that inform them and are in turn informed by them. The study of alternative media needs to interrogate identites and practices that are negociated accross the terrain of a third space that hybridizes practices between hegemonized and marginalized cultures (Atton, 2002 : 152).

Il faut à tout prix distinguer la communication de l’information en abordant la question, fondamentale pour les médias alternatifs, de la démocratisation des communications et du mouvement social dans lequel semblent s’inscrirent ces expérimentations médiatiques. Cette frontière permet de mieux situer la posture critique, la dissension et l’affrontement dans l’espace médiatique. Elle aide également à départager les principaux usages sociaux de la communication. Ces explorations nous permettent, finalement, de saisir le plein potentiel des espaces libérés de communication et l’impact qu’ils ont sur les représentations sociales des pratiques citoyennes, suivant les aspects normatifs de la citoyenneté plutôt que comme caractéristiques d’appartenance à un groupe (aspects de statuts) [8].

Information, communication et démocratisation

Avant d’agir formellement sur le monde ou de modeler l’action des différents agents qui tentent d’agir sur le celui-ci, l’expression symbolique (langage, art, théorie, etc. [9]) agit sur les connaissances que l’on a de ce monde, sur le monde des idées et, donc, sur les représentations sociales. «Si la technique des échecs n’existait pas, soutenait Ludwig Wittgenstein, je ne pourrais former l’intention de jouer aux échecs» (1953 :108[10]).

Il ne saurait en être autrement pour l’information et la communication, prises au sens médiatique. Toutefois, nous distinguerons le rôle de l’information, «processus dont la finalité est de modifier l’environnement cognitif des agents», de celui de la communication, qui «a pour fin dernière d’organiser un espace social de consensus, une communauté d’identité partagée» (Akoun, 2004). L’information renvoie à un processus à sens unique, c’est-à-dire partant d’un point vers un autre ou vers une masse, consistant en un monologue sans que ne soit suscitée de d’échange avec le récepteur, contrairement donc au processus de communication[11]. Cette distinction entre les deux phénomènes, primordiale lorsqu’il est question de médias alternatifs, réside en la possibilité de participer pour le récepteur, en une dialectique de l’échange. Primordiale surtout dans la mesure où elle contribue à introduire, tel que le conçoit Bourdieu, une rupture hérétique avec l’ordre établi, soit une vision antinomique du monde social.

Il paraît pertinent, par ailleurs, de tracer l’évolution d’un droit à l’information –signifiant la libre circulation de l’information ou plus précisément l’accès à la réception d’information – vers un droit de communiquer – qui implique lui une révision plus exigeante en ouvrant la voie à une participation accrue des usagers (Sénécal, 1995 : 41-43). Cette évolution tient en forte partie à un glissement de perception du sujet, cherchant désormais à contrer la tendance voulant qu’il soit passé de citoyen à strict consommateur d’information (Raboy, 1991 : 165). Toutefois, la reconquête souhaitée de l’espace public, entendue ici en termes de médias[12], n’a pas pour visée première la démocratisation tout azimut de la société[13]. Plus humblement, celle-ci se propose plutôt de reprendre possession de moyens de diffusion d’information chargée de valeur symbolique par et pour une communauté donnée[14], ne serait-ce que par la création de nouveaux moyens qui ne remettent en rien en question la structuration des moyens existants[15].

Les médias alternatifs, tels que les conçoit Peter Lewis, seraient effectivement une réponse aux conditions menaçant l’identité culturelle (1993 : 14), identité pourfendue par des communautés ou sous-cultures flairant l’extinction ou craignant d’être submergées dans un bassin culturel homogénéisant. L’inaccessibilité des médias commerciaux de masse, qui empêcherait les individus d’accéder à l’espace public pour y exposer leurs expériences, de même que la convergence[16], pressentie par certains comme pouvant avoir, à long terme, des impacts normatifs au plan culturel[17], peuvent menacer la communication des communautés qui en sont exclues[18]. Chris Atton abonde en ce sens, soutenant que les médias alternatifs offrent des moyens permettant une communication démocratique à des gens généralement exclus de la production médiatique (2002:3).

Ainsi, le traitement des médias alternatifs ne doit pas être mené indépendamment de la question du mouvement social[19] dans lequel paraissent s’inscrire ces expérimentations. D’autant que l’on ne saurait réduire l’analyse de ces médias aux stratégies de communication qu’ils introduisent tant ils semblent inexorablement liés à un courant plus vaste de démocratisation[20]. En agissant sur les représentations qu’ont du monde social les différents agents qui le composent, l’espace médiatique est le théâtre de luttes qui, bien que dépendantes de leurs effets symboliques, ne sauraient y être circonscrites[21]. C’est effectivement à l’arbitraire des schèmes de classement, véhiculés par un discours ou plus concrètement dans l’exclusion ou la non-représentation de minorités vis-à-vis du pouvoir politique réel, que s’attaque ce mouvement de démocratisation.

Ce que les médias ont convenus d’appeler, tour à tour, le mouvement «anti-mondialisation» puis «altermondialiste» nous semble plus facilement reconnaissable par ce trait commun que semble porter la pluralité de ses formes : tous tendent à réclamer davantage de démocratie[22]. Scott Uzelman en parle comme du pro-democracy movement[23]. Bien que les groupes ou individus s’en réclamant optent pour une variété de registres d’action afin de faire valoir leur différentes requêtes, la tendance à l’action directe y semble fort populaire.

Le mouvement de démocratisation, se dressant en mouvement d’opposition, en vient à percevoir «le rôle des communications de masses dans le maintien du système [qu’il] est en train de contester» (Raboy, 1983 :38[24]). De ce mouvement, s’adressant aux processus de prises de décision, doit être mis en exergue un mouvement de démocratisation des médias, critique de l’inégalité dans la représentation et dans l’accès au médias (Sénécal, 1995 : 177). Il ne paraît pas erroné de prétendre que les efforts des activistes participant à ce mouvement, en plus de viser l’expression d’un plus large éventail de perspectives, convoitent une plus grande capacité d’autonomie décisionnelle pour le citoyen. Cette autonomie serait garante d’une lecture critique des sources d’informations politique et sociales (médias, discours, etc.) de même que d’une participation éclairée à la vie politique, toutes deux indispensables à l’idée même d’exercice de la citoyenneté. Les médias alternatifs peuvent donc être perçus en tant que processus d’apprentissage politique par la conception qu’ils ont de la communication comme outil d’empowerment (Sénécal, 1995 : 38-39). Mais ils peuvent, de surcroît, être amenés à véhiculer des représentations sociales alternatives de la citoyenneté.



[1] Comme le fait remarquer Atton (2002 :18), l’évolution de la terminologie relative aux médias alternatifs est plutôt variée, même si on ne considère qu’un seul auteur à cet égard, en l’occurrence John D. H Downing qui employa successivement les termes ‘radical media’(1984), ‘alternative public realm’(1988), ‘alternative media’ (1995), ‘radical alternative media’ (2001) de même que les notions connexes de ‘counter-information’ ainsi que ‘popular oppositional culture’. Cette variété dans la façon de désigner l’objet se veut fort explicite quant à son évolution, ainsi que l’entend Raymond Williams: «Williams made a vital distinction between alternative and oppositional practices. Alternative culture seeks a place to coexist within the existing hegemony, whereas oppositional culture aims to replace it» (McGuigan, 1992:25).

[2] À ce sujet, nous ne pouvons ignorer la tendance actuelle, du côté de nombreux médias commerciaux, à profiter d’un engouement pour des publications s’identifiant comme alternatives ou encore pour des initiatives (pourtant consuméristes) prétendant œuvrer dans le sens d’une plus grande démocratisation de la presse. Dans la mesure où l’espace médiatique de masse semble incapable d’offrir l’espace requis pour l’expression de formes non-marchandes, non commerciales de communication, nous pouvons parler d’espace médiatique alternatif afin de distinguer clairement les instruments de savoirs autonomes que sont les médias alternatifs de leurs pendants commerciaux, les journaux urbains alternatifs. Pour le Québec, retenons les quatre publications montréalaises Voir et Hour (propriétés de Voir Communication, une filiale de GTC Transcontinental) ou encore Ici et Mirror (propriétés de Communications Gratte-ciel Ltée, filiale de QuébecorWorld Inc.) que l’on définie, à la fois chez les propriétaires et au sein de la rédaction comme des publications indépendantes et alternatives. À cet égard, voir le site de Quebecor Inc au http://www.quebecor.com/NewspapersWeeklies/AlternativeEntertainment.aspx, dernière consultation le 25 février 2006. De plus, le recours de certaines publications commerciales à des techniques qu’ils définissent comme s’inscrivant dans une logique de communication participative ne saurait modifier substantiellement la nature même de ce média. Ces techniques, ne remettant pas en question la structure organisationnelle ou le contenu du média, s’inscrivent dans la légitimation que peux procurer le recours à la démocratisation, fut-il seulement instrumentalisé à des fins commerciales.

[3] Conformément aux principes d’autogestion d’influence libertaire.

[4] As the multiple IndyMedia Centers exemplified: “All IMC collectives are dedicated to […] an implicit critique of the monopolies of knowledge and power on which mainstream media are based. This implicit critique of power is also manifest in the determination to work together in a non-competitive manner and, indeed, to promote resource sharing – knowledge, skills and equipment – locally and internationally” (Uzelman, 2002: 20).

[5] En ce que le contenu n’est influencé que par les auteurs et activistes directement impliqués.

[6]Open publishing means that the process of creating news is transparent to the readers. They can contribute a story and see it instantly appear in the pool of stories publicly available. Those stories are filtered as little as possible to help the readers find the stories they want. Readers can see editorial decisions being made by others. They can see how to get involved and help make editorial decisions. If they can think of a better way for the software to help shape editorial decisions, they can copy the software because it is free and change it and start their own site” (Arnison, 2002. “Open publishing is the same as free software”, cited in Uzelman, 2002: 15).

[7] That is a system among a set of software tools “supporting the production of concise group reports that give their readers an up-to-date and credible overview of various stakeholders on a particular issue” (Heng and de Moor, 2003:331). The latter are presenting a whole set of software that enhance participative communication guided by the principles of Habermas’s Critical Social Theory, for example the issue-based information systems (IBIS), Zeno, Scientific Collaboration System or Digital Document Discourse Environment (D3E) (2003: 333).

[8] [8] The very purity of a concept such as citizenship resides in the analysis of its complexity within the social representations related to it. As referd to by Stuart Hall, this complexity is to be ceased by regarding over a certain number of topics currently working the social representations. In a previous study, as an example, we were looking for the role conflict was relegated to in democracy (Gingras and G. Pelletier, 2006). This led us to trace an important distance between dominant social representations founded in the mainstream media and the heretic representations conveyed by the alternative media. So, while looking at citizenship, there should be certain topics to focus on as so we can appreciate the deepness of a social representation by its level of complexity.

[9] «[B]y considering art, media and communication together, we ‘do not fall into the trap of segregating information, reasoning and cognition from feeling, imagination and fantasy» (Downing, 2001 : 52; cité dans Atton, 2002 : 22).

[10] Cité dans Bourdieu, 2001: 213.

[11] «the process of organizing and presenting experience in such a way that others can understand and participate in that experience» (Hamilton, 2000 : 362, cité dans Uzelman, 2002 : 82).

[12] Parmi la multitude de définitions disponibles, retenons celle, fort concise, de Raymond Williams: «the physical techniques of amplifying and making durable the expressions of individuals and groups» (Hamilton, 2000: 361, cité dans Uzelman, 2002: 82).

[13] Ce qui nous amène à prendre en considération la principale fonction de la création d’un instrument chargé de diffuser de l’information contre-hégémonique, à savoir la socialisation et, éventuellement, l’émancipation : «[Downing] brings together considerations of an alternative public sphere, counter-hegemony and resistance, the place of the Gramscian organic intellectual in such media, the role and nature of audiences – all of which I (Atton) also examine here for the same reason: to move away from the futile ‘hunt for sole [social] agents’ (Downing, 2001: 98) and to place radical and alternative media as complex ‘agents of developmental power, not simply as counterinformation institutions, […](2001:45)», cité dans Atton, 2002: 21.

[14] «A conviction that the means of communication and expression should be placed in the hands of those people who clearly need to exercise a greater control over their immediate environment…Once this happens, a process of internal dialogue in the community can take place, providing opportunities for developing alternative strategies» (Nigg & Wade, 1980 : 7; cité dans Atton, 2002 : 17). Cette reprise de possession sur un moyen de diffusion paraît s’inscrire en suite du modèle communautariste tel que vu précédemment.

[15] Ce qui n’est pas sans rappeler ce qu’Adorno percevait comme le moyen le plus efficace de s’opposer à « l’industrie » culturelle : by a policy of retreatism in relation to the media which, it was argued, were so compromised that they could not be used by oppositional social forces” (Cité dans Bennett, 1982: 46; ainsi que dans Atton, 2002: 7-8).

[16] Brièvement, précisons que cette convergence peut être de type horizontal, de type vertical ou encore, plus récemment, de type transversal (Centre d’étude sur les médias de l’Université Laval, 2001; Sénécal, 1995 : 136-143). Ce point fera l’objet d’un approfondissement dans une étape ultérieure.

[17] Risquant par le fait même d’entraîner, tel que le propose Bourdieu (Rencontres INA-Sorbonnes, 2004 : 12-13), l’introduction de producteurs hétéronomes dans des univers (ou champs) autonomes, ce qui normaliserait une situation de domination ou d’hégémonie arbitraire (et perçue comme telle par les acteurs du champ se trouvant subordonnés) sur un instrument de socialisation et de légitimation à des seules fins commerciales.

[18] «L’inégalité dans l’accès à la propriété ou dans la représentation sociale des médias montre à quel point la situation locale est le microcosme d’une situation mondiale et qu’il y existe bel et bien un sorte de tiers monde de la communication, les groupes sociaux qui sont généralement sous-représentés ou exclus des médias» (Sénécal, 1995 : 40).

[19] Ce mouvement social ne nous parait pas différent de ce que plusieurs désignent comme étant les nouveaux mouvements sociaux. Pour plus sur les principales caractéristiques organisationnelles et programmatiques de ces mouvements, voir notamment Alberto Melucci (1996), Claus Offe (1997), Éric Neveu (1996) ou, plus particulièrement, Réjean Pelletier et Daniel Guérin (2000 et 1998).

[20] Ainsi que le fait remarquer Guy Hermet (2001 : 286-287), le terme démocratisation peut porter à confusion. Désignant la démocratisation des médias, nous retiendrons la définition qu’en propose Scott Uzelman : «[…]media democratization refers to a wide range of efforts aimed at changing media messages, forms and processes to better reflect the diverse perspectives and ways of communicating found in all cultures, access to which is seen as a prerequisite in democratic decision making» (Uzelman, 2002 : 82).

[21] «Ici, la démocratisation des médias est considérée comme un processus d’apprentissage politique. Partout dans le monde […] naissent des initiatives similaires, qui ont pour cible le monopole tantôt étatique tantôt commercial exercé sur l’espace médiatique. […] Autour de ces objectifs communs s’articule ainsi le projet d’une alternative dans l’appropriation sociale des médias et, par extension, une certaine appréhension de l’organisation sociale : la démocratisation des médias questionne la démocratie tout court» (Sénécal, 1995 : 160).

[22] À l’égard de cette requête, le travail sociologique de Bourdieu est des plus éclairants. Soutenant que l’esthétique populaire serait basé sur la continuité entre art et monde vécu, il importe de le distinguer de la disposition esthétique que l’on retrouve dans l’expérience bourgeoise. Dans La Distinction, il départage cette seconde perception de l’art: aesthetic disposition [that] presupposes the distance from the worldwhich is the basis of the bourgeois experience” (Bourdieu, 1984: 54). La distinction, poursuit-il, doit être atténuée: “It should not be thought that the relationship of distinction (which may or may not imply the conscious intention of distinguishing oneself from common people) is only an accidental component in the aesthetic disposition. The pure gaze implies a break with the ordinary attitude towards the world which, as such, is a social break” (Bourdieu, 1984: 31). Ce qui l’amène donc à croire à l’interdépendance de la distinction artistique et sociale et nous amène à concevoir l’importance d’une communication (et d’un art) démocratique pour des mouvements sociaux s’affairant à contester l’arbitraire des distinctions sociales.

[23] «This thread, a general call for more public participation in decision making processes at local, national and international levels is accompanied by a shared antipathy towards unaccountable private (corporate) or ‘public’ (government by (un)representative democracy) power. […] Of course, this call for public participation in decision making processes varies sharply between the many groups associated with this movement, with some demanding a complete overhaul of the electoral system, others calling for a revolutionary shift toward more participatory forms of decentralized community-based decision making and still others promoting particular parties within the current electoral system» (Uzelman, 2002 : 6).

[24] Cité dans Sénécal, 1995 : 177-178.

Une Réponse

  1. En général assez «marxien» (au sens de « conflict theory »), avec une belle bibliographie.
    Selon moi, ça passe du «bourdivin» à la macrosociologie nord-américaine avec un petit passage en sociolinguistique. Sur ce dernier point, ça serait peut-être utile d’aller regarder en ethnographie de la communication. Depuis Dell Hymes, c’est un domaine de recherche qui s’est étendu tout en demeurant assez peu connu. Entre autres, Judith Irvine serait une bonne ressource. Dans certains de ses textes, elle donne une description assez utile du problème de ce que j’appellerais la « football theory of communication » (que l’information est «envoyée» et «reçue», comme un ballon de football). On peut aller, avec Irvine et d’autres ethnolinguistes, du côté de la culture et de la société. Ou on peut se concentrer (comme Chomsky et Pinker, bien sûr, mais aussi Wilson et Sperber), sur les liens entre communication et cognition.

    Deux petits points…
    «Identité culturelle menacée» semble impliquer que l’identité culturelle est assignée (« ascribed »), ce qui semble peu compatible avec la notion d’identité culturelle telle que précisée depuis une vingtaine d’années.
    L’accent mis sur la notion de «démocratisation» semble pertinent, mais ce serait peut-être utile de la contextualiser. Parle-t-on vraiment de la création d’une structure de pouvoir hiérarchique basé sur le peuple? Ou d’un nivellement des moyens de production? Ou d’une reconstruction des rapports entre institutions médiatiques et politiques?
    Personnellement, il m’a parfois été utile d’insérer la bonne vieille notion d’«anarchie ordonnée» (« ordered anarchy »), d’Evans-Pritchard. Avec une journaliste qui avait probablement lu sur les «techno-libertaires» (« techno-libertarians », représentatifs d’une bonne partie de la «culture geek»), ç’a eu l’effet d’orienter la discussion vers une perspective ouverte et novatrice sur les médias sociaux. Ça pourrait être utile dans le cas de médias oppositionnels et alternatifs.

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