La démocratie participative version Obamanomics
29 janvier 2009

obama1201801546

On a raison de se réjouir de l’entrée en fonction du Président Obama. On a également raison de féliciter les dispositifs participatifs qu’il entend mettre en place afin d’améliorer la communication entre élus et citoyens. L’enthousiasme doit être circonscrit : on ne réinvente pas la roue mais…

La volonté de changement s’exprime notamment en sollicitant les suggestions des citoyen. Inside the transition nous invite-t-on sur Change.gov, site mis en ligne par l’équipe présidentielle chargée de la Technologie, de l’Innovation et de la réforme gouvernementale (TIGR). Cette transition entend redorer la légitimité perdue de l’institution présidentielle américaine. Retrouver la porter symbolique de l’action publique en se rapprochant,du moins en apparence, de ce qui fait sens pour les électeurs.

Les critiques ont souligné à grands traits, durant des années Bush2, l’effritement de la légitimité du président sortant. Cette perte de confiance et d’autorité résulte notamment de deux crises (Lenoble et Berten 1992 :84). Celle de l’État-providence, paraissant bien incapable de réguler l’économie (non sans avoir allouées des sommes considérables) ou la société. Celle du politique, plus subtile, perceptible à la perte progressive de pouvoir symbolique, forme d’autorité qui en vient à se réfugier dans des sous-systèmes autonomes (Luhmann, 1990).

Il est donc sage de reconnaître aux citoyens, en apparence ou bien réellement, une légitimité aux idées qu’ils expriment. Ce vœu paraît d’autant plus recevable étant donnée la portée référentielle (en termes de lois, codes, mesures, valeurs, préférences, etc.) du plan global de relance qu’entend mettre en branle l’administration d’Obama.

Citoyen2.0?

C’est dans les médias sociaux que fermentent des réseaux sociaux, réseaux qu’a observé Jalali Hartman sur 37 mois lors de la course présidentielle de 2008. Le site Change.gov s’inscrit en droite ligne des Obamanomics et illustre à quel point le recours à la communication politique peut rapprocher, à tout le moins en esprit, deux champs s’étant différenciés : l’État et la société civile (Touraine, 1989 :46).

Mais il ne faut négliger ni la forme, ni l’instigateur de cette consultation du citoyen. Encore moins son poids réel dans la prise de décision. Avec le nouveau site de la Maison-Blanche, qui souligne que le Président Obama s’engage à créer l’administration la plus ouverte et accessible de l’histoire américaine et Change.gov, les stratégies déployées par le TIGR demeurent des prises en compte institutionnelles des demandes des mouvements sociaux (Gret et Sintomer, 2005 :100).

(suite…)

Publicités